Visite de La Tour Paris 13

20131007-023950.jpg

Un projet artistique éphémère et ambitieux, de la galerie Itinerrance (déjà appréciée pour un vernissage de Marko93), en partenariat avec la mairie du 13ème arrd de Paris. 80 graffeurs internationaux ont pris le bâtiment pendant 6 mois.

Le grand public a octobre pour le visiter, avant démolition. Les oeuvres resteront en numérique, sur le net.

3 octobre 2013 – 17:32… En marge de l’attente, un photographe freelance discute avec Gaël, un des nombreux graffeurs, et rare habitant encore là.

Cet artiste m’indique que certains graf’ ont été réalisés auparavant, par des mecs prenant du crack. Il y a eu des disputes, quasi bagarres avec les intervenants officiels de ce projet.

Du coup, il ne termine pas son oeuvre, sur un des murs de la façade, évitant le clash inutile. Un exemple des relations authentiques et trash, assez significatives de ce milieu arty.

Plus loin, j’entends que certaines pièces sont encore habitées, sans rapport direct avec cette exposition. Etonnant !

Retour le 4 octobre – 11h45… L’attente inexorable démarre. J’avais été prévenu d’arriver tôt. Merci la sécurité.

Dans la foule, occupant alors déjà la moitié du trottoir longeant le bâtiment, beaucoup de vieux, souvent sans style particulier, agglutinés là, pour voir les graf’, …et ne renonçant pas aux 3 heures d’attente ! Ca fait plaisir, cette mixité, assez émouvant.

La com’ fut mainstream, entre annonces radio’ & web, quasi institutionnelle. Des friches toutes aussi intéressantes (quai de l’Aisne à Pantin par exemple, certes un lieu fermé & chien de garde) et des squats divers comme celui de la bouée vers Villejuif ne reçoivent pas un tel écho, tout en portant les mêmes attributs créatifs.

Toujours est-il qu’on peut faire confiance à l’authenticité roots de nombre d’artistes ayant joué ici la carte de l’éphémère, pour le grand public, et gratuitement.

On est loin de la soirée de clôture des Bains douches, pour people et jet set autorisée. Pas la peine ici de faire une demande à De Brantes, pour figurer sur la liste.

Un petit groupe a eu le temps de faire connaissance. Une dame assez autocentrée et exubérante créé le lien, malgré sa naïveté sociale. Un peu d’humour après 3h d’attente : « Si nous avions mangé, notre corps sélectionnerait les protéines, glucides… Cette période de jeun va nous ouvrir l’esprit ».

Je n’ai pas résisté au japonais halal du coin. D’autres sont à la bière. La queue fait maintenant tout le tour du bâtiment. « C’est celle de demain », une boutade lancée vers les nouveaux arrivants.

15h… Une vieille habitante vient de sortir, à mon entrée. Elle loge encore au 4ème étage. Il reste trois personnes ici.

Assez vite (si ce n’est le dernier étage, en partie), je suis totalement capté par les installations et visuels. Mon sentiment général est unanime : c’est trop beau, vraiment class ! Les mots m’en sortent de la bouche. On se perd dans les apart’ et centaines d’oeuvres.

Une intimité s’installe avec les amateurs des lieux, cambrés pour immortaliser tel ou tel angle, ou de travers. La patience comme règle de prise de vue.

Près de 300 photos réalisées, avec passion, un joli dossier sur mon Iphone (sans trop se marcher sur les pieds, ouf, vu le filtrage), ni réfléchir, me fiant au systématisme d’un regard assez habitué, et sachant ce que j’aime.

Jusqu’à achever la visite un peu frustré, à me battre avec mon espace de mémoire sur mon tel’ portable. C’est passé vite, sans revenir sur les oeuvres/pièces.

Une jeune fille, heureuse de voir cet attrait phénoménal m’accoste, au dehors, pour me dire qu’elle est une ex habitante de cet immeuble ; et me demande mon avis, si j’aime…

Elle a pu assister aux prémices de cette exposition gigantesque, durant les 6 mois précédents, y accédant directement, observant les artistes.

Elle a ainsi été relogée avec sa famille juste derrière. Les derniers habitants iront dans d’autres quartiers, j’ai cru comprendre.

17h… 3/100 de batterie tel’. Je rentre.

20131007-024136.jpg

http://www.itinerrance.fr