carnetsauvages

Ecrire, écrire et encore écrire…

Catégorie: Gay

Exploration d’un vice pur

Le Cahier noir d’Olivier Py au 104 hier, une plongée dans l’éros gay, singulier ici, et surtout formidablement littéraire comme poétique. Une frénésie d’intelligence, hystérie et masochisme s’entrechoquent, de quoi crisper quelques garçons hétéros venus en couple, peu familiers d’une telle débauche libidineuse en miroir inversé, leur partenaire respectivement pour les rassurer. Même si les croquis affichés dans le couloir annonçaient déjà le caractère cru de la représentation. J’avais Thomas Jolly en tête, ce rapprochement. Il aurait été peut-être plus doux, moins borderline et obscène pour l’écriture. La plainte inévitable de jeunes spectatrices en sortant, nullement choquées cela dit, fit écho à mon sentiment d’avoir vu défiler les mots sans pouvoir les retenir à chaque tirade éclatante. Les joies épistolaires pouvaient se fixer uniquement sur cet esprit virevoltant, magnifiquement joué ici par le comédien de talent Emilien Diard-Detoeuf. Et donc laisser de mon point de vue, à ses tréfonds lugubres la torture d’aimer se soumettre sans limites, être possédé par ses sens au delà du raisonnable, sous cette extase de vie démentielle. Quitte pour lui ainsi à rêver bien évidemment d’un dieu phallique, incarné à la hauteur de nos émois terrestres, ou à jalouser les compulsions électriques maladives d’un double de coeur asticoté non sans malice. Cette pensée bourgeoise surgissant sur le macadam, en prolo’ habitué des banlieues, certes issu de la classe moyenne, soudain revenu entre les tours de ce quartier très populaire du nord parisien, presque tout aussi âpre selon les ruelles la nuit que les tunnels de fange explorés par la pièce.

https://www.facebook.com/MajidAlAslam/posts/540478356155334


http://www.104.fr/media/on-the-road/le-cahier-noir-olivier-py-dossier-artistique-104-paris.pdf

Défiler à 35 ans

Quand tu défiles, la situation, tu en fais une abstraction. L’attention des gens. Elle est loin. Ta concentration est déjà prise par le fait de marcher correctement.

Ce sont les pauses qui t’obligent à te projeter vers le public, un regard, fixé. L’angoisse est là. Comme dans le jeu de scène.