carnetsauvages

Ecrire, écrire et encore écrire…

Excursion psychique

Un périple ce jour entre trois Fnac di merda pour trouver Voyage aux confins de la conscience, Le cas Nicolas Fraisse de Sylvie Dethiollaz et Claude Charles Fourrier. Un conseiller aux Halles m’indique qu’il reste seulement quelques exemplaires à Ternes, sans trop de détails. J’arrive, on me sort que l’espace est en travaux et qu’ils n’y ont pas accès. La mouise ! Direction la Défense en dernière chance, déjà exténué pour si peu, où un vendeur prend des plombes à répondre à une étudiante devant moi. Son collègue de l’autre côté est pris par son rayon. Il ne reste qu’un ouvrage correspondant disponible, et au moment de chercher, je le trouve au milieu d’une laborieuse exploration à genoux de mon presque sauveur du moment. Ma joie a quand même éclatée. Et bien entendu tous ces déplacements m’ont fait dépenser au delà du raisonnable histoire de compenser la loose, n’ayant vraiment pas encore les capacités astrales de Nicolas Fraisse. Snif !

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Sortir de l’orage

Des chinois jouent aux dominos à Belleville un lundi après-midi. Delon à la noix passe sur Arte à l’écran, quasi intemporel. Les algériens sont aux cartes. Café et thé chinois au choix. La patronne mange dans un coin, son mari en service s’applique. Cette douce candeur me ressuscite.

Caca nerveux typique (ça date)

Ahah me suis frité devant Catherine Deneuve attablée juste en face, avec une personne imbue d’elle même, en souffrance par rapport à un problème de nationalité, venant de Russie, et jugeant que « les noirs et maghrébins qui ne parlent pas français » comme elle passent avant !? Pro’ réussite et réalisme des contraintes facho’, on ne s’étonnera pas. Je ne détaille pas.

Vendeuse lambda pour payer son minuscule apart’ là où c’est le plus chero’, elle balance évidemment que « trouver un logement ici, lorsque l’on se bouge, c’est possible ». Exit le contexte général particulièrement sélectif et discriminatoire à Paris en ce sens. Elle se destine au cinéma, alors bien entendu « il convient de briller, le reste est de l’ordre de la médiocrité ». Des images léchées défilent sur le smartphone tendu. Son regard patibulaire est certes moins visible à l’écran, mais derrière des lunettes à la Karl Lagerfeld.

En rapport avec ton parcours engagé et à la suite du sujet de la carte de séjour, t’en viens à lui parler de rescapés. Elle venant de Vichy entre temps (à Paris de longue date par ailleurs), elle s’en bat les steaks, saoulée. Tu lui signifies les viols, là d’un coup elle change de perception. Que dire !?

Enfin, cette bobo passe son temps rue de Buci et te sort en leçon de morale qu’il faut rencontrer les vrais gens ailleurs. Non mais allô quoi !? Bisesero ne doit pas être dans ses références géographiques, ou plutôt elle zappe l’authenticité, sourde à une écoute hors ping-pong inutile, systématisant le contre pied arbitraire et déplacé.

Au moins, j’ai réussi à la faire se lever, et partir, plutôt que d’avoir à m’emporter comme un gamin. Remise en place progressivement, ses limites à affronter son propre jeu arrogant sont actées. Surtout je ne tolère vraiment pas que les difficultés des uns se soldent par un racisme vis à vis des autres.

Qu’elle retourne à la stérilité réac’ qui l’anime, et pollue le 7ème art sous les coulisses d’un mépris si banal comme dérisoire chez la jet set. « La demoiselle de Rochefort » adorée de son coeur, dont j’apprécie l’éclectisme et choix de films a néanmoins bien des défauts majeurs qu’elle n’ira pas regarder ; l’arrivisme pour loi comme la carrière à entreprendre, de bons serviteurs pour tenir les plateaux, faire la courbette, et s’excuser si besoin.

Pendant que les bobo sont sur les pistes à 3000

Un mec se coupe la main, même pas vener’, en sang pourtant, ça passe pour lui. L’expo’ des scarif’ de Fleur M’ en copie trash d’un Pete D’ ou presque semble bien dérisoire d’un coup. Raaah, New cas’ hip hop style di merda’. A balancer, inquiet : T’as pas besoin de perph’, tu colmates ? Gay avec son pote, en clash total des clichés, la drague émancipe le rap, pas encore le porte monnaie zzz https://bambuser.com/v/6646999

Bataclan revival

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L’attente prend toute la rue, direction le pub au milieu du coup. Au sous sol un mec déjà chaud se pète la gueule dans les fûts de bière en sortant des chiottes, après le « backroom » improvisé avec son pote, à pisser à deux pour gagner du temps. Peut-être trop impressionné par sa bite. La tête en sang, à m’en mettre partout. Le brouhaha métallique avait de quoi inquiéter de suite. Obligé d’aller quémander du sopalin à l’épicerie à côté. Le type m’en remet partout dans les marches, en mode « ça roule », et rentre avec de l’hémoglobine colmatée au Bataclan. Ca ne se fait pas, même pour du hardrock.

La personne à l’entrée est toujours là, pas morte durant le 13 nov’, tellement rassuré de le voir lui, à se prendre dans les bras forcément. J’avais pensé à lui aussitôt et depuis.

Sensation incroyable, dans la salle, tellement chargé en émotion, ce retour, enfin. Je n’aime pas mes mots ici vis à vis des victimes, c’est dur de se réjouir de quoi que ce soit. On ne tourne pas la page. Le risque là, et à ne pas se résigner face au terrorisme. Voeux pieux, ne pas abdiquer, la fête toujours, presque facile à dire ou confortable !

Une femme de confession musulmane m’accoste, c’est cool. Elle fait comme s’il y avait des places attitrées ou presque. Je suis plus mobile, en besoin de mouvement.

De cette étape essentielle à rompre la forteresse sanglante, une symbolique peu évidente, ainsi encore à vif, j’en oublie mes bières. Ca n’arrive jamais. Trop perturbé. Le son d’un coup recouvre tout, complètement à propos sur cette violence insupportable omniprésente à l’esprit, au corps, irradiant littéralement les murs comme la fosse et le balcon.

Un peu froid sur la gauche. Les mitraillettes musicales balayent l’effroi, la peur, conjurent la souffrance, dopent l’énergie de vie, de rage, les larmes retenues. Je ressens le vide, le néant du drame, aucun sens, perdu entre la zic’ et cet intemporel massacré pour rien.

On crispe les gencives, les dents prêtes à sortir. J’éructe mes lamentations, de ce mal être intérieur infini, comme un cancer à vaincre, une pluie de bombes. Je chie dessus, j’avale ma salive puante, je referme ces mots cataclysmiques. Le plaisir peut sembler infâme, en dégoût de ces horreurs à supporter.

Faire résilience, se battre, le chemin est long. J’explose, je crache, je ne libère rien encore. C’est trop profond, installé là, comme une cicatrice envahissante. Un dragon en ébullition, la méduse sur mon temps à me pomper l’âme. Séché, dévasté, comme détruit, pas vraiment la joie.

Un bruit sourd entre les étages, je monte surplomber mes démons. L’envie de me réfugier sur le toit, courir derrière les loges, tout revient de cette transposition, à avoir vécu les premiers tirs de l’extérieur. Ravagé, les regards sont encore figés. On se rattache à la moindre protection, à l’insignifiant matériel.

Les souvenirs sont là, entre concerts rap ou meeting politique. Paris vibre de sa permanence, comme ailleurs. On ne sent pas que l’on peut mourir. Retour au bar. L’effervescence, ça bouscule, les boissons volent. Faut s’imposer. Salle comble, des frottements virils à la noix, à se laisser aller simplement.

Je recroise la fille de tout à l’heure, elle n’a pas bougé. Ca la tente cela dit d’aller slamer sur Kreator. Je me pose ou je peux respirer. L’attente se dessine. Les mecs bourrés tangent déjà.

J’essaie de me mettre en face, vers la scène. Des voix de castra’ pleuvent, sur fond de cuir et métal hurlant. Toujours amusant, avec des nanas en fleur déguisées par Slayer, les vestes immuables ou presque, et la testostérone chevelue habituelle.

Les provinciaux sont là, en fans. Aucune différence d’avec le 13 nov’, sauf la mort. Un pogo menace mon verre et mes talons déjà anesthésiés par la douleur. Je flanche à gauche, au calme, un riff en parapluie. Je coupe, j’y suis. La magie des tripes, à oublier un quart de seconde le drame, et y être encore davantage, le tel’ en sous main de ce feu dévastateur.

La ronde est lancée, le plein air en moins. Vivement les festivals. Et la première fois que la queue aux wc s’inverse, à aller pisser chez les filles. Je poirote ensuite davantage au bar, submergé.

Les bruns sont en force, désolé pour mes mèches dorées. Tu paies 8 on te rend 10, ça marche cette affaire Lagardère de mes deux. Non, loupé en fait. Malins, ils servent en demi & deux fois plus de mousse. Zzz… Retour périlleux dans la fosse, chauffée, à éteindre enfin un peu mes torpeurs.

T’enfile leur kro’ de merde aussi vite que les décibels. On se sent en force, du mal à croire que des kalach’ peuvent nous coucher. Surtout un dimanche en journée, presque monacal. Les hardeux comme les skins à la base sont free spirit.

Aucun gobelet renversé a mi temps, c’est bon. Ca se complique aux toilettes, orageux. La course épique à se vider se solde par des rencontres au pipi room, comme d’hab’. Les tatouages percent la vue, autant filer doux, les mecs cette fois se font dessus. Ca ricane. Cheveux longs, ca passe, limite trav’, à poser le cul. Une personne malade délaisse sa bouteille, elle mérite mieux. Son mec la rebooste avec un cacheton.

J’ai presque effacé mes douleurs psychiques. Ca prendra du temps, sauf à être en guerre finalement. Une entrée à la 2001 l’Odyssée de l’espace pour Sepultura. Et bim les cervicales en deux deux, un fou furieux slam toutes les trois secondes. Le mec remet ça, se fait virer après cinq passages ! J’ai failli perdre les nerfs.

Un voisin me donne un tuyau simple pour éviter d’être emmerdé avec mon câble pour filmer. Ca me prend deux minutes, dans la sueur, et top là, good idea. Avec son pote ils hurlent « Sépoultoura » haha. Bon ok, la team est brésilienne.

Les groupes s’enchaînent. Un peu plus à l’insouciance, on s’en rapproche. Soudain une fille maquée caresse ses seins sur mon bras. Ca devient chaud. Fuck off. Ca se frite à ma droite : un type devenu sombre face à plus amusé. Ca parle « génocide » sur scène, une forme d’exorcisme païen ou quasi.

La fille musulmane a bougé. La fournaise partout. Manque juste AC/DC pour le côté fun. Je deviens philosophe. C’est fou comme on peut effacer les drames humains. On passe, le monde continue. Tellement abyssal. La life plus forte. Y’a pas d’arrêt. Au moment où on est encore là. Il ne reste plus que le désarroi gravé dans la pierre.

Les guitares switchent les tambours. Non stop la course effrénée vers le diable, à corrompre en amusement. On est bien trop fragiles. Sans même avoir à courir dans les ruelles alentours. Ils nous ont écrasé, c’est bourrin. On se relève ou pas.

L’imagerie en mode guérilla urbaine se pointe en fonds visuels, après la conjuration de la mort. Le chaos en phase d’exaltation avec Kreator, et un nouveau cercle radioactivé. La dose métal fait effet, suis en un nuage psychédélique proche du manga. Haha…

Le drapeau de la haine se pointe, ironie sur la vie. Les camps sont appelés à bousculer le sol et s’en rappeler. Cinq heures et quelques en place, dark time, ça laisse des traces.

En sortant, un O méga mix direct chez des juifs qui font bosser des jap’ tout proche, histoire de se remettre. Partagé avec les chefs me prenant pour un chanteur (pas possible, suis trop jeune voyons, quoique…). Entendu sur le macadam après : « c’est pas une morue qui va faire la loi ». Le raffinement complet. lol

Le bilan fonctionne : un retour au Bataclan validé, ouf. Et au niveau sécu’ par contre, y’a quasi rien de flagrant comme redouté. Zzz… La fatigue est là, à me faire oublier tout autre chose. Ce fut un peu long sur les 15 dernières minutes pour la plupart. Presque les oreilles qui sifflent perso’. Au dodo’…

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Pauvre jeunesse

C’est fou comme le monde est réduit quand on est petit. Juste aller à la Fnac et c’était un moyen de s’évader, ou même Carrouf’ que dire. Vie de merde. De Panam cela semble tellement dérisoire.

Au pif

Vincent Cassel en vip aux Bains douches (ex) / le rg du Baron also / chanteur fff aux platines / Aladdin dans le coin, et deux trois hypeux pour la bize <<

Mdr ils passent MHD evidemment haha, j’en sors à la Cigale. Huhu…

#CrashLaHype

Contraste

C’est fou la difference. Festival dans mon fief en banlieue, passé x années en mode baston (enfin les dernières, à jongler avec ça). Là Cigale in Panam with MHD, des enfants, rah…

Scène de vie à la Pierre Richard ou presque…

J’adore, le serveur explose son tpe et sa collègue et lui aussitot à arpenter le sol avec la lumière d’un portable entre les tables jusqu’à faire lever les clients pour retrouver le clapet. Puis un livreur écrase les poubelles du café. Enfin le serveur se prend une grosse giclée de biere sur sa chemise avant de percuter une lampe en frontal. J’oubliais le représentant de Coca di merda venu le saouler en amont de cette loose passée certainement inaperçue sauf à rester plus de trois minutes. L’enchainement serait incomplet si dans l’instant la serveuse n’avait pas décidé malencontreusement de renverser plein de couverts dans un fatrat sonore des plus discret. La lumière soudain tamisée doit y être pour beaucoup. L’avantage c’est qu’on a pu bien en sourire, à sentir que tout ceci est bien normal ou quotidien. La prochaine fois le livreur pourra les prendre de face les fameuses poubelles, et le personnel d’applaudir en lui jetant comme des flechettes, du pain moisi histoire d’étonner davantage. On s’ennuie beaucoup trop ici. La perfection lorsque tout te tombe sur les bras pour penser à autre chose, et surtout pas la crève ou le froid. La playlist de choix de Deezer compense largement ce scenario loufoque ou triste, quoique mélancolique à souhait. Il est temps de rejoindre la nuit, et tenter d’y retrouver légéreté et allegresse. Je n’ai plus qu’à me prendre le tapis en sortant et m’affaler comme une autruche particulièrement agile pour me sentir raccord a minima avec l’instant. Le délicieux accent sud américain de la serveuse m’aura au moins enchanté et séduit, suffisamment pour ne pas penser à mes bleus de l’âme exclusivement, ni m’y laisser mourir. Au moment d’arracher mon chargeur de la prise, je ne m’électrocute pas. Le champs de bataille a montré ses limites. Genesis peut pleurer seul, je file sans ressentir l’acharnement du sort dans son absolu terreur magique et banale.

Faire comprendre l’état d’esprit qui me traverse

Je ne m’intéresse pas à la littérature, ni à telle ou telle culture en particulier. Et en même temps elles m’intéressent (a priori…). En fait je ne m’intéresse pas plus à la littérature qu’à la musique, à telle région du monde, etc… Alors certes j’ai une identité par rapport à cela, mais elle échappe à la définition, à l’essentialisme. Non, nous vivons les choses en liberté. La démarche n’est pas de démontrer. Si ce ne sont des causes extérieures, combattues, comme d’exister au delà du joug prolétaire, de la survie et marchandisation.